Démarrer mon coaching
Démarrer mon coaching

Le dégoût du sucré en ultra-trail : stratégies pour déjouer la fatigue gustative

Par Clara Publié le 28/02/2026 à 07h02 — modifié le 27/02/2026 à 07h02   Temps de lecture : 11 minutes
Le dégoût du sucré en ultra-trail : stratégies pour déjouer la fatigue gustative Crédit Image: AI Generated

Introduction : Ce mur invisible qui ne vient pas des jambes

Je me souviens encore de ce sentiment, vif et cuisant, comme si c'était hier. C'était sur les sentiers techniques de la CCC®, aux alentours du 70ème kilomètre. La nuit tombait, le froid commençait à m'envelopper et mes jambes, bien que lourdes, répondaient encore. Mais un autre mur, plus insidieux, se dressait devant moi. Un mur invisible, qui ne venait pas de mes muscles, mais de mon estomac. À la main, j'avais un gel énergétique, promesse de carburant rapide. Mais la simple pensée d'avaler cette pâte sucrée me donnait la nausée. Mon corps criait famine, mais mon cerveau, lui, hurlait : "Plus jamais de sucre !". 🤢

Cette scène, je parie que tu l'as vécue, ou que tu la redoutes. On l'appelle la "fatigue gustative" ou, plus crûment, le dégoût du sucré. C'est l'un des ennemis les plus redoutables de l'ultra-traileur, capable de transformer une course bien gérée en un véritable calvaire et de provoquer des abandons. Ce n'est pas un caprice, ni un manque de volonté. C'est une réponse physiologique et psychologique complexe à un stress extrême et à une alimentation monotone.

En tant qu'ancienne athlète et passionnée de nutrition sportive, j'ai passé des années à décortiquer ce phénomène. Sur le terrain, j'ai testé, j'ai échoué, j'ai réessayé, et j'ai finalement trouvé des stratégies qui fonctionnent. Aujourd'hui, je veux partager avec toi tout ce que j'ai appris. Pas de jargon scientifique indigeste, mais des conseils concrets, nés de l'expérience, pour que tu puisses faire de ton alimentation une véritable alliée. Parce que l'objectif, c'est de franchir la ligne d'arrivée, bien sûr, mais c'est surtout de prendre du plaisir avant tout, du premier au dernier kilomètre. Et ça, ça passe aussi par le plaisir de s'alimenter. Alors, prêt(e) à déjouer les pièges de la fatigue gustative ?

Pourquoi ton estomac dit "stop" au sucré ? Les coulisses de la fatigue gustative

Avant de chercher des solutions, il est essentiel de comprendre ce qui se passe dans notre corps et notre tête après des heures d'effort. Ce rejet du sucré n'est pas anodin, c'est un signal d'alarme que ton organisme t'envoie. Écoutons-le ensemble.

La dimension physiologique : plus qu'une simple envie

Ton corps est une machine incroyablement intelligente. Quand il se met à rejeter quelque chose, il a souvent de très bonnes raisons. Dans le cas du sucré en ultra, plusieurs facteurs physiologiques entrent en jeu.

  1. La saturation des récepteurs du goût : Imagine tes papilles gustatives comme des serrures. Chaque fois que tu manges quelque chose de sucré, une clé "sucre" vient s'y loger. Au début, c'est agréable. Mais après des heures à utiliser la même clé, les serrures se saturent. Le cerveau, recevant en permanence le même signal "sucré, sucré, sucré", finit par se protéger en diminuant la perception agréable, voire en la transformant en dégoût. C'est un mécanisme de défense pour t'inciter à chercher d'autres nutriments.
  2. Le système digestif en mode survie : Pendant un ultra-trail, ton corps est en état de stress intense. Le sang, vital pour le transport de l'oxygène, est massivement redirigé vers les muscles qui travaillent (tes jambes, ton cœur, tes poumons). Conséquence directe : le système digestif est beaucoup moins irrigué. La digestion ralentit, devient moins efficace. Les sucres simples, comme le glucose ou le fructose des gels, sont normalement absorbés rapidement. Mais quand le système est au ralenti et qu'on le bombarde de sucre, ça crée un embouteillage. Ce sucre non absorbé stagne dans l'intestin, fermente, attire l'eau, et provoque ballonnements, crampes et nausées. Tout simplement, ton estomac n'arrive plus à suivre la cadence.
  3. Le grand huit de la glycémie : S'alimenter uniquement avec des produits très sucrés crée des pics d'insuline et des variations brutales de la glycémie. Ton énergie monte en flèche, puis s'effondre tout aussi vite, te laissant vidé et en quête d'un nouveau "shoot" de sucre. À la longue, ce cycle est épuisant pour l'organisme qui, instinctivement, va se mettre à réclamer des nutriments plus stables (lipides, protéines, glucides complexes) pour sortir de ce cercle vicieux. Le rejet du sucré est aussi un appel à plus de stabilité.
  4. Le déséquilibre électrolytique : Quand tu transpires, tu ne perds pas que de l'eau. Tu perds des minéraux essentiels, notamment du sodium (le sel !). Une carence en sodium peut, entre autres, altérer la perception du goût et rendre les saveurs sucrées encore plus écœurantes. Ton corps, dans sa grande sagesse, développe alors une forte envie de salé pour combler ce déficit. Ce n'est pas une gourmandise, c'est un besoin vital !

La dimension psychologique : quand le mental s'en mêle

L'ultra, c'est 50% dans les jambes, 50% dans la tête. L'alimentation ne fait pas exception à la règle. Le dégoût du sucré est aussi un phénomène profondément psychologique.

  • L'association négative : C'est le fameux réflexe de Pavlov. Après 10, 15 ou 20 heures d'effort, de douleur musculaire, de fatigue intense, si à chaque moment difficile tu as avalé un gel, ton cerveau va finir par faire une association. Goût sucré = souffrance. La simple odeur ou la vue d'un gel peut alors déclencher une réaction de rejet quasi instantanée. Ton mental cherche à te protéger de ce qu'il associe désormais à une expérience négative.
  • La lassitude et le besoin de réconfort : Manger la même chose pendant une journée entière est d'une monotonie mortelle. L'être humain est un omnivore qui a besoin de variété, de textures, de saveurs différentes. Sur un ultra, le moral est une composante essentielle de la performance. Un aliment réconfortant, comme un bol de soupe chaude au milieu de la nuit ou un morceau de fromage au goût familier, a un pouvoir psychologique immense. Il casse la routine, procure un plaisir simple et authentique, et te donne la force mentale de repartir. Le sucré, souvent artificiel et chimique, n'offre que rarement ce réconfort.
  • Écouter les signaux de son corps : Ce dégoût est peut-être le signal le plus important que ton corps puisse t'envoyer. Il ne te dit pas "arrête de manger", il te dit "donne-moi autre chose". Apprendre à interpréter ces signaux plutôt qu'à les combattre est une des clés de la réussite en ultra. Si tu rêves d'un bretzel salé, c'est probablement que ton corps a un besoin urgent de sodium. Si tu fantasmes sur un avocat, il te manque peut-être des bons gras. C'est une conversation intime entre toi et ta physiologie.

Anticiper pour ne pas subir : les clés pour déjouer le piège du sucré

La meilleure façon de gérer la fatigue gustative, c'est de faire en sorte qu'elle n'apparaisse jamais. Cela demande un peu de préparation, mais je te promets que le jeu en vaut la chandelle. Une stratégie nutritionnelle bien rodée est aussi importante que ton entraînement physique.

Tester, tester, et encore tester à l'entraînement

C'est ma règle d'or, celle que je répète sans cesse : NE JAMAIS, AU GRAND JAMAIS, ESSAYER QUOI QUE CE SOIT DE NOUVEAU LE JOUR DE LA COURSE. Que ce soit des chaussures, un short, ou un nouveau gel à la saveur exotique. Ton estomac est encore plus sensible que tes pieds aux nouveautés en conditions de stress.

  • Simule les conditions de course : Profite de tes sorties longues pour tester ton protocole. Pas juste une sortie d'1h30. Je parle des vraies sorties longues, celles de 4, 5, 6 heures ou plus. C'est là que le système digestif commence à être mis à l'épreuve. Mange et bois exactement comme tu prévois de le faire en course. Teste à différentes allures, sur différents dénivelés. Fais une sortie longue qui commence à 4h du matin pour voir comment ton corps réagit à un petit-déjeuner d'avant-course. Fais une sortie de nuit pour tester ta nutrition dans le froid et la fatigue.
  • Construis ta "bibliothèque de saveurs" : Au fil de tes tests, note tout dans un carnet. Gel marque X, goût Y : bien passé. Compote marque Z : trop acide. Mini-sandwich jambon-beurre : parfait après 3h. L'objectif est de te constituer une liste d'aliments "validés", sucrés et salés, sur lesquels tu sais que tu peux compter. Cette liste sera ta meilleure amie le jour J.
  • Entraîne ton système digestif (le fameux "Gut Training") : Oui, l'estomac s'entraîne ! Des études, comme celle menée par Asker Jeukendrup, pionnier de la nutrition sportive, ont montré qu'on peut habituer son système digestif à tolérer des quantités plus importantes de glucides par heure. Cela consiste à consommer régulièrement des glucides pendant tes entraînements pour améliorer la vitesse de vidange gastrique et la capacité d'absorption intestinale. Commence par des quantités faibles (30g/heure) et augmente très progressivement sur plusieurs semaines. Tu seras surpris de voir à quel point ton corps peut s'adapter.

Construire un plan de nutrition varié et flexible

La clé de la réussite est la VARIÉTÉ. Ton plan de nutrition ne doit pas être une liste de gels, mais une symphonie de goûts, de textures et de températures.

  1. L'alternance sucré/salé DÈS LE DÉBUT : C'est l'erreur la plus commune. Beaucoup de coureurs attendent d'être écœurés par le sucré pour passer au salé. C'est trop tard ! Le mal est fait. Il faut commencer l'alternance dès la première ou la deuxième heure de course. Le principe est simple : une prise sucrée, une prise salée. Ou deux prises sucrées, une prise salée. Trouve le rythme qui te convient.
  2. Un exemple concret de plan pour les 4 premières heures :
    • H+1 : 1 gel énergétique classique + quelques gorgées d'eau. C'est le début, le système digestif est encore frais.
    • H+2 : Une demi-barre de céréales salée (type amandes-sel de mer) ou 2-3 crackers type TUC + boisson électrolytique peu sucrée.
    • H+3 : 1 compote de fruits (pomme ou banane, peu acide) + une poignée de noix de cajou salées. On apporte du sucre "naturel" et du bon gras.
    • H+4 : C'est le moment d'un ravitaillement plus consistant. Une petite purée de patate douce salée (dans une flasque souple) ou un demi-sandwich pain de mie avec du fromage frais.
    Ce n'est qu'un exemple, à adapter à tes goûts. Mais tu vois l'idée : on varie les sources de glucides, les goûts et les textures.
  3. La puissance des textures : Pense à varier les plaisirs en bouche. Alterne le liquide (boisson, soupe), le semi-liquide (gel, compote, purée), le mou (pain de mie, gâteau de riz) et le croquant (bretzels, crackers, chips). Cette stimulation sensorielle aide à combattre la lassitude et rend l'alimentation beaucoup plus agréable.
  4. Planifie en fonction des ravitaillements : Avant la course, étudie le profil et la liste des aliments proposés à chaque ravitaillement. C'est une mine d'or. Repère où tu pourras trouver du bouillon, des pâtes, du fromage. Tu peux ainsi planifier de manger tes aliments solides personnels entre les postes, et de profiter de la nourriture "fraîche" et souvent chaude des ravitaillements. Savoir qu'un bol de vermicelles chaud t'attend dans 10 km peut être un formidable moteur psychologique !

Le salé, ton meilleur allié : un arsenal d'options gourmandes et efficaces

Ok, on a compris qu'il faut manger salé. Mais quoi, concrètement ? Fini le temps où l'on se contentait d'un quartier d'orange et d'un TUC. L'offre s'est étoffée et le fait-maison est roi. Voici mes options préférées, testées et approuvées sur le terrain.

Les indispensables à emporter dans son sac

Ces aliments sont faciles à préparer, à transporter et à digérer. Ils deviendront vite tes meilleurs compagnons d'aventure.

  • Les purées salées maison : C'est ma botte secrète ! Faciles à avaler, même quand la mastication devient difficile, elles sont une source incroyable d'énergie. Ma recette fétiche : une patate douce, une carotte, un filet d'huile d'olive, une bonne pincée de sel. Fais cuire à la vapeur, mixe le tout avec un peu d'eau de cuisson jusqu'à obtenir la consistance souhaitée. Tu peux même y ajouter un peu de cumin ou une demi-portion de fromage frais type Kiri pour plus de gourmandise. Verse dans une flasque souple réutilisable, et le tour est joué. Énergie, vitamines, électrolytes. Tout simplement parfait. 🍠
  • Les mini-sandwichs ou wraps : Le pain de mie sans croûte est ton ami car il est hyper digeste. Garnis-le finement de jambon blanc, de dinde, de fromage frais, de houmous ou de purée d'amandes avec une pincée de fleur de sel. Coupe-le en quatre, emballe-le dans du film alimentaire. C'est un vrai repas réconfortant en format de poche.
  • Les pommes de terre grenailles : Fais-les cuire à l'eau ou à la vapeur avec leur peau, puis roule-les généreusement dans du sel. Laisse-les refroidir et mets-en quelques-unes dans un petit sachet congélation. C'est une bombe de glucides et de potassium, et le sel qui croustille sous la dent est un pur bonheur.
  • Le gâteau de riz salé (type "rice cake" de sportif) : Inspiré des pros du cyclisme. Fais cuire du riz rond (type riz à risotto ou à sushi) jusqu'à ce qu'il soit très collant. Ajoute-y du parmesan râpé, des petits dés de jambon, ou même des olives hachées. Presse le tout dans un plat, laisse refroidir, et découpe des petites barres. C'est délicieux et ça cale durablement.
  • Les snacks secs : Bretzels, crackers, gressins... Ils sont parfaits pour le croquant et l'apport en sel. Pense aussi aux oléagineux salés : noix de cajou, pistaches, amandes. Ils apportent des lipides, source d'énergie sur le très long cours. Attention à ne pas en abuser, ils peuvent être plus longs à digérer.

Tirer le meilleur parti des ravitaillements en course

Les ravitaillements sont des oasis. Ne te jette pas uniquement sur les TUC et les bananes. Cherche les trésors salés.

  • Le bouillon magique : S'il y a bien une chose à ne jamais rater sur un ravito, c'est le bouillon de légumes ou de volaille. En plein milieu de la nuit, quand il fait froid et que tu es fatigué, un gobelet de bouillon chaud est une résurrection. Il te réchauffe, te réhydrate, t'apporte du sodium et calme l'estomac. N'hésite pas à y tremper un morceau de pain.
  • La soupe de vermicelles ou les nouilles instantanées : De plus en plus de courses en proposent sur les bases de vie. C'est le graal de l'ultra-traileur. Des glucides, du sel, de la chaleur, du réconfort. Si tu as un drop bag, y glisser une portion de nouilles lyophilisées est une excellente idée.
  • Le duo fromage-saucisson : À consommer avec modération car le gras ralentit la digestion, mais un petit morceau de Comté ou une tranche fine de saucisson peut faire un bien fou au moral. Le goût est intense, satisfaisant, et c'est une vraie coupure avec les saveurs fades ou sucrées.
  • N'oublie pas le pain : Un simple morceau de baguette nature peut suffire à "nettoyer" ton palais et à calmer une nausée naissante. C'est neutre, facile à digérer, et ça prépare l'estomac à recevoir autre chose.

Panique à bord : comment réagir quand plus rien ne passe ?

Malgré la meilleure préparation du monde, la crise peut arriver. L'estomac se noue, la nausée monte, et même l'eau semble difficile à avaler. Surtout, ne panique pas. Il existe un protocole d'urgence pour gérer la situation et repartir du bon pied.

Étape 1 : Faire une pause et ne pas forcer

C'est contre-intuitif, on veut avancer. Mais s'acharner à manger ou à boire quand le corps dit non est la pire chose à faire. Tu risques de vomir et de te déshydrater encore plus. Alors, on applique la méthode douce :

  • Arrête tout. Pose-toi au bord du chemin ou au prochain ravitaillement. Assieds-toi quelques minutes.
  • Ne mange RIEN pendant au moins 20 à 30 minutes. Laisse ton système digestif se mettre au repos. C'est la priorité absolue.
  • Concentre-toi sur ta respiration. Des inspirations lentes et profondes par le nez, des expirations longues par la bouche. Cela aide à calmer le système nerveux et à réduire la sensation de nausée.

Parfois, cette simple pause suffit à tout remettre en ordre. C'est un investissement de quelques minutes qui peut te sauver des heures de galère. Prendre du plaisir avant tout, ça veut aussi dire savoir s'arrêter pour s'écouter.

Étape 2 : Réinitialiser le palais et l'estomac

Une fois que la nausée a un peu diminué, l'objectif est de repartir sur des bases saines. Il faut "laver" les mauvaises sensations.

  • Rince-toi la bouche. Prends une petite gorgée d'eau, fais-la tourner dans ta bouche et recrache-la. Répète l'opération deux ou trois fois. Ça élimine l'arrière-goût sucré et acide.
  • Bois de l'eau claire par petites gorgées. Une gorgée toutes les 5 minutes, pas plus. Si ça passe bien, tu peux essayer de l'eau gazeuse (certains trouvent que les bulles aident à calmer l'estomac) ou une eau avec une tranche de citron.
  • Tente un "reset" gustatif. Mâcher un chewing-gum à la menthe forte ou une pastille de menthe peut aider. Le gingembre est aussi un excellent anti-nauséeux naturel. Avoir sur soi quelques morceaux de gingembre confit peut être une astuce salvatrice.

Étape 3 : Réintroduire l'alimentation très, très progressivement

Si l'eau passe bien et que tu te sens un peu mieux, tu peux tenter de remanger. Mais il faut y aller avec une prudence infinie, comme si tu réapprenais à manger.

  1. Commence par le liquide salé : La première chose à essayer est un bouillon clair et chaud. C'est la transition parfaite. C'est hydratant, salé et doux pour l'estomac.
  2. Passe au solide neutre et sec : Si le bouillon est bien passé, attends 15-20 minutes et essaie quelque chose de très simple. Un cracker nature, un TUC, un petit morceau de pain. Mange-le très lentement, en le mâchant longuement.
  3. Écoute tes envies (les vraies !) : C'est souvent à ce moment-là que le corps envoie un signal très clair. Si une envie irrépressible de chips au vinaigre te prend, c'est peut-être exactement ce dont tu as besoin (sel + acidité). Fais confiance à ton instinct, il est souvent plus malin que n'importe quel plan théorique.
  4. Reprends ton plan en douceur : Une fois que tu as réussi à manger quelque chose de salé, tu peux progressivement réintégrer ton plan d'alternance. Peut-être avec une compote (acide mais naturelle) avant de retenter un gel bien plus tard.

Ces moments de crise sont souvent le résultat d'erreurs en amont, d'une accumulation de petits dérèglements. Pour éviter d'en arriver là, je t'invite à lire mon article sur les 5 erreurs de ravitaillement à ne jamais faire sur Ultra-Trail, c'est un bon complément pour bétonner ta stratégie et comprendre comment la prévention est ta meilleure arme.

Conclusion : L'alimentation, une aventure dans l'aventure

Le dégoût du sucré n'est pas une fatalité. C'est un défi, une énigme que chaque ultra-traileur doit résoudre pour lui-même. Il n'y a pas de formule magique universelle, mais des principes fondamentaux qui, une fois maîtrisés, changent radicalement l'expérience de la course. ✨

Retiens ces quelques points clés :

  • L'anticipation est reine : Tout se joue à l'entraînement. Teste, essaie, note ce qui fonctionne pour TOI.
  • La variété est ta meilleure arme : Alterne le sucré et le salé dès le début de la course. Pense aussi aux textures et aux températures.
  • Le salé est ton sauveur : Intègre des options salées faites maison ou profite intelligemment des ravitaillements pour casser la monotonie du sucre.
  • Écoute ton corps : Une envie ou un dégoût est un message. Apprends à le décoder plutôt qu'à le combattre.

Au fond, gérer sa nutrition en ultra, c'est comme gérer sa course : il faut un plan solide, mais aussi la capacité de s'adapter, d'improviser et de rester humble face aux signaux que la montagne et ton corps t'envoient. Chaque course est un laboratoire à ciel ouvert, une occasion d'en apprendre plus sur toi-même.

Alors, sois curieux, expérimente sans crainte à l'entraînement, et construis la stratégie qui te permettra d'avancer avec l'énergie et le sourire, même quand la nuit est noire et que la ligne d'arrivée est encore loin. C'est ça, la vraie victoire : finir l'aventure avec le sentiment d'avoir été un bon partenaire pour soi-même. Bonne route et bon appétit sur les sentiers !

🧠 FAQ - Le dégoût du sucré en ultra-trail

❓ Quand faut-il commencer à manger salé sur un ultra ?

Le plus tôt possible ! L'erreur classique est d'attendre d'être écœuré par le sucre. Il faut être proactif et commencer l'alternance sucré/salé dès la deuxième heure de course. Par exemple, un gel la première heure, une option salée (crackers, mini-sandwich) la deuxième. Cela permet de ne pas saturer les papilles et de fournir au corps un apport régulier en sodium.

❓ Les purées pour bébé sont-elles une bonne option ?

Oui, elles peuvent être une excellente option car elles sont faciles à digérer et à transporter. Privilégiez les mélanges fruits/légumes (comme pomme/patate douce) plutôt que les 100% fruits qui peuvent être très sucrés. Lisez bien les étiquettes pour vérifier qu'il n'y a pas de sucres ajoutés. L'idéal reste de faire ses propres purées maison pour maîtriser parfaitement les ingrédients et le dosage en sel.

❓ Quelle quantité de sel faut-il viser ?

C'est très difficile de donner un chiffre précis car les besoins varient énormément selon l'individu, son taux de sudation, la chaleur et l'humidité. Plutôt que de viser une quantité en milligrammes, concentre-toi sur un apport régulier via tes aliments et boissons salés (bouillon, bretzels, boisson électrolytique...). Les pastilles de sel sont à utiliser avec une grande prudence et uniquement si tu as testé leur usage à l'entraînement, car un surdosage peut être dangereux.

❓ Est-ce que je dois complètement arrêter les gels sucrés ?

Absolument pas ! Les gels énergétiques restent une source de glucides très efficace, rapide à absorber et facile à transporter. Ils ont toute leur place dans une stratégie nutritionnelle. La clé n'est pas de les bannir, mais de ne pas dépendre exclusivement d'eux. Utilise-les en alternance avec d'autres sources d'énergie et varie les goûts pour éviter la lassitude.

❓ Que faire si même l'eau m'écœure ?

Si même l'eau claire ne passe plus, c'est un signe de détresse digestive sévère et potentiellement le début d'une hyponatrémie (manque de sodium). Il faut impérativement ralentir, voire t'arrêter. Essaie de toutes petites gorgées d'un liquide salé comme un bouillon très dilué ou une boisson électrolytique. Si la situation ne s'améliore pas rapidement ou si tu ressens d'autres symptômes (vertiges, confusion), il est impératif de demander une assistance médicale.

❓ Les aliments gras comme le saucisson ne sont-ils pas difficiles à digérer ?

Si, les lipides (graisses) ralentissent considérablement la vidange gastrique et sont donc plus difficiles à digérer pendant un effort intense. C'est pourquoi il faut les consommer en très petites quantités. Une ou deux fines tranches de saucisson ou un petit dé de fromage sur un ravitaillement sont plus là pour le réconfort psychologique, le plaisir gustatif et l'apport en sel que comme source d'énergie primaire. Écoute ton estomac : si tu sens que tu le digères mal, n'insiste pas.