Diagonale des Fous : L'exploit de quatre coureurs de Sète sur l'ultra-trail mythique
Par Charly Publié aujourd'hui à 07h47 Temps de lecture : 3 minutes
Quatre coureurs de l'USSA Sète au bout de l'enfer de la Diagonale des Fous
La Diagonale des Fous n'est pas une course comme les autres. C'est un mythe, une aventure qui pousse les athlètes dans leurs retranchements les plus profonds. Avec ses 180 kilomètres et 10 200 mètres de dénivelé positif à travers les terrains techniques et imprévisibles de l'île de La Réunion, elle représente le rêve et le défi ultime pour de nombreux ultra-traileurs. Cette année, quatre membres du club USSA Sète, Élie Aucejo, Mérile Robert, François Moreno et Pierre Bernard, ont transformé ce rêve en réalité. Ils ont franchi la ligne d'arrivée du stade de La Redoute, épuisés mais comblés, après avoir bravé la distance, les nuits sous la pluie et les sentiers escarpés.
Le Grand Raid : une aventure collective pour le club de Sète
Le Grand Raid de La Réunion n'est pas une seule course, mais un événement regroupant plusieurs défis. Si l'épreuve reine, la Diagonale des Fous, a attiré quatre des athlètes sétois, deux autres membres de l'USSA s'étaient également lancés dans l'aventure sur des formats différents.
- Daniel Frealdo a brillamment terminé "La Mascareignes", un parcours de 74 km et 3 800 m de D+, en un temps de 16 heures et 12 minutes.
- Loïc Wery, engagé sur "La Bourbon" (106 km, 6 500 m de D+), a malheureusement été contraint à l'abandon suite à une chute après avoir parcouru environ les deux tiers de la distance. Un coup dur qui rappelle la part d'imprévu inhérente à l'ultra-trail.
Pour les quatre "Fous", boucler la Diagonale était l'aboutissement d'un objectif de longue date, un projet qui a mobilisé toute leur énergie pendant des mois.
Une préparation rigoureuse, clé de la réussite
On ne se présente pas au départ d'une telle épreuve sans une préparation méticuleuse. Pour les coureurs de l'USSA, l'été a été synonyme de sacrifices et d'entraînements intensifs. Des sorties longues qui s'enchaînent semaine après semaine et un travail spécifique sur le dénivelé étaient au cœur de leur programme. Chaque sortie était une pierre ajoutée à l'édifice de leur endurance et de leur résilience mentale. Cette phase cruciale est indispensable pour habituer le corps et l'esprit aux efforts prolongés et aux contraintes extrêmes qu'impose la traversée de l'île. C'est le prix à payer pour espérer voir la ligne d'arrivée. Pour ceux qui rêvent de se lancer un jour, un plan d’entraînement pour la Diagonale des Fous structuré sur plusieurs mois est la première étape vers la concrétisation du projet.
Des stratégies de course personnelles pour un défi unique
Sur la ligne de départ, les objectifs sont les mêmes, mais la manière de les atteindre est propre à chacun. Chaque athlète a vécu sa propre Diagonale, avec ses hauts, ses bas et ses adaptations. Les récits de Mérile Robert et François Moreno illustrent parfaitement cette dimension personnelle de l'ultra-endurance.
La prudence payante de Mérile Robert
Mérile a opté pour une gestion de course basée sur la prudence. « Je suis parti le plus prudemment possible pour garder un maximum de fraîcheur jusqu’à la première base de vie », explique-t-il. Il savait que la course commençait réellement avec l'arrivée des gros dénivelés, comme la terrible montée du Maïdo. Cette stratégie lui a permis de maintenir un rythme régulier et de surmonter les difficultés, malgré son manque d'habitude des pentes très fortes. Il retient une expérience d'une incroyable diversité : « J’ai l’impression d’avoir enchaîné plusieurs trails, tellement les paysages, les terrains et les conditions de course sont variés. »
L'adaptation et l'expérience humaine de François Moreno
Pour François, le plan initial a volé en éclats après une vingtaine d'heures de course. À Hell-Bourg, la fatigue l'a contraint à faire une pause salvatrice. « J’ai dit à Pierre de continuer sans moi car je devais dormir », raconte-t-il. Cet arrêt a transformé sa course. Le chronomètre est passé au second plan, laissant place à l'aventure pure : les paysages grandioses, les rencontres sur les sentiers, l'entraide entre coureurs et les encouragements chaleureux des Réunionnais. Une belle leçon de résilience et de philosophie sportive. 🧘♂️
L'importance capitale du soutien, sur place et à distance
La Diagonale des Fous est un exploit individuel qui repose sur un soutien collectif sans faille. Pour les coureurs de Sète, cette aide a pris deux formes, toutes deux essentielles.
Sur l'île, familles et proches avaient fait le voyage. Épouses, enfants et sœurs ont formé une équipe d'assistance dévouée aux points de ravitaillement. Leur rôle ? Bien plus que logistique. Ils ont fourni nourriture, boissons, vêtements secs, mais surtout un soutien moral inestimable. Un regard, un mot, un sourire qui redonnent de l'énergie quand le moral flanche. Mérile Robert confirme cet impact psychologique : « Sachant mon équipe d’assistance à quelques kilomètres, j’ai eu un regain d’énergie et de motivation pour aborder la fin du parcours. »
À près de 9 000 kilomètres de là, à Sète, tout le club de l'USSA vivait la course par procuration. Pendant trois jours, les applications de suivi et les messages ont rythmé la vie des adhérents, créant une vague de soutien à distance qui a porté les coureurs jusqu'à l'arrivée.
Une arrivée chargée d'émotions et des performances remarquables
Franchir la ligne d'arrivée de la Diagonale des Fous est un moment inoubliable. « L’arrivée sur le stade de La Redoute a été un moment fort en émotion, intense, à l’image de cette Diagonale, à l’image de cette île », confie Mérile Robert. Une récompense à la hauteur des efforts consentis.
Au-delà de l'émotion, les performances sont là :
- Mérile Robert signe un temps exceptionnel de 39 heures 49 minutes et 25 secondes, se classant à une superbe 4ème place dans sa catégorie (M4M).
- François Moreno, Pierre Bernard et Elie Aucejo ont fait le choix de terminer ensemble, franchissant la ligne main dans la main après 57 heures et 51 minutes d'un effort collectif. Une image forte qui symbolise l'esprit de camaraderie de l'ultra-trail.
Si les jambes mettront plusieurs jours à se remettre d'un tel effort, les souvenirs de cette aventure humaine resteront gravés bien plus longtemps. Au sein de l'USSA, on attend désormais avec impatience le retour de ces héros pour écouter le récit détaillé de leur incroyable périple réunionnais. ✨