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Décès au Trail des Forts : le Pass Prévention Santé est-il un recul pour la sécurité des coureurs ?

Par Charly Publié le 12/05/2026 à 08h47   Temps de lecture : 2 minutes
Décès au Trail des Forts : le Pass Prévention Santé est-il un recul pour la sécurité des coureurs ?
Crédit Image: AthleteSide

Un drame qui relance un débat sensible

Le monde du trail running est en émoi suite au décès tragique d'un participant lors du Trail des Forts de Besançon, le dimanche 12 mai. Un homme d'une cinquantaine d'années a été victime d'un malaise cardiaque fatal pendant l'épreuve. Si les secours, rapidement sur place, n'ont rien pu faire, ce drame a immédiatement ravivé une controverse majeure qui agite le monde du sport d'endurance : la mise en place du Pass Prévention Santé (PPS) en remplacement du traditionnel certificat médical d'aptitude. Cet événement malheureux met en lumière les craintes d'une partie du corps médical, qui y voit une potentielle régression pour la prévention des risques sanitaires chez les sportifs.

Le Pass Prévention Santé : de la simplification à l'inquiétude

Le certificat médical, bien que parfois perçu comme une simple formalité administrative, représentait jusqu'à présent un point de contact obligatoire entre le sportif amateur et un médecin. Il était l'occasion de faire un bilan, même succinct, de son état de santé. Depuis le 1er avril, il est progressivement remplacé par le Pass Prévention Santé, un dispositif entièrement numérique. L'objectif affiché par les fédérations est de simplifier les démarches et de responsabiliser les pratiquants.

Concrètement, le PPS consiste en un parcours en ligne composé de vidéos éducatives et de questionnaires portant sur les risques liés à la pratique sportive. Une fois validé, il est valable trois mois. Mais c'est là que le bât blesse : ce système repose entièrement sur une auto-déclaration et ne comporte aucun examen clinique. Une approche qui, selon ses détracteurs, privilégie la sensibilisation au détriment du dépistage.

La colère des cardiologues face à une "régression sanitaire"

Le Syndicat des cardiologues du secteur libéral (SMCV) est monté au créneau bien avant ce drame. Pour son président, le Dr Patrick Assyag, le passage au PPS est tout simplement "aberrant" et constitue une "régression sanitaire". Il rappelle qu'un examen clinique, même basique, peut permettre à un médecin de déceler des anomalies cardiaques (un souffle au cœur, par exemple) qui passeraient totalement inaperçues avec un simple questionnaire en ligne. 🩺

Le Dr Assyag insiste sur l'importance irremplaçable d'un examen médical, particulièrement pour les sportifs de plus de 35 ans ou ceux qui reprennent une activité après une longue pause. Un électrocardiogramme (ECG) de repos, recommandé dans ces cas, est un outil essentiel pour identifier des pathologies cardiaques silencieuses pouvant mener à un accident lors d'un effort intense. Le certificat médical agissait comme un filet de sécurité, un garde-fou. Sa suppression, au profit d'un outil de sensibilisation, fait craindre une augmentation des accidents qui auraient pu être évités.

Une mise en place chaotique et un flou pour les organisateurs

Au-delà du débat de fond, l'implémentation du PPS est loin d'être un long fleuve tranquille. La plateforme gérée par la Fédération Française d'Athlétisme (FFA) n'est toujours pas opérationnelle, plongeant les organisateurs de courses dans une période de transition délicate. Pour l'heure, la plupart continuent d'accepter les certificats médicaux, naviguant dans un certain flou juridique et organisationnel. De nombreux coureurs s'interrogent sur les modalités précises de ce nouveau système. Pour y voir plus clair, il est essentiel de se renseigner ; en effet, le Nouveau PPS : tout comprendre sur le pass santé payant et obligatoire pour s'inscrire à une course ou un trail a pour but de sensibiliser plutôt que de dépister, ce qui change radicalement la philosophie de l'inscription.

La responsabilité partagée : organisateurs et athlètes

Face à ce drame, Christophe Ferrez, le directeur du Trail des Forts, a tenu à préciser que le coureur décédé avait fourni un certificat médical en règle, datant de décembre. Il rappelle qu'un tel document, s'il est indispensable, ne constitue jamais une garantie de risque zéro. L'organisation avait par ailleurs déployé un dispositif de sécurité conséquent, avec des médecins, secouristes et infirmiers. Les organisateurs se sentent parfois démunis, pris en étau entre les évolutions réglementaires et la réalité du terrain.

Ce débat replace finalement l'athlète au centre de sa propre santé. Le PPS, en misant sur l'éducation, renforce la notion de responsabilité individuelle. Plus que jamais, il appartient à chaque coureur, chaque triathlète, chaque sportif d'être à l'écoute de son corps, de ne pas ignorer les signaux d'alerte (douleurs thoraciques, essoufflement anormal, palpitations...) et de consulter un médecin de sa propre initiative. La passion pour le sport ne doit jamais faire oublier que la première des victoires est de franchir la ligne d'arrivée en bonne santé. 🙏